Sur le mur vient la nuit...

JEAU D'EUGÈNE

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« et la nuit j’ai attendu en plein milieu du pont, et dès qu’il a fait jour j’ai recommencé les murs, tous les murs, pour que ce ne soit pas possible qu’elle ne tombe pas dessus : reviens sur le pont, reviens une seule fois, une seule petite fois, reviens une minute pour que je te voie, »

La Nuit juste avant les forêts 

Bernard-Marie Koltès

Dans un lieu proche du Merzbau de Kurt Schwitters, la galeriste Carole Korngold installe comme une seule pièce l’oeuvre unique dessinée à la mine de plomb de Jean d’Eugène n’ouvrant d’autres renouvellements qu’en elle-même, une couronne qui interroge la question du Temps, celle de la Beauté ou de la Mort de la nature.

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J’ai voulu la nuit tombée sur les couronnes, au coeur d’une nature déjà morte. J’ai voulu ce détail de l’iconographie religieuse, ce motif de l’histoire déjà développé, devenu profane, le dessiner encore, le travailler jusqu’à l’épuisement, et voir le noir arriver.

L’exposition s’articulera autour d’un grand dessin,180x260, « Stalker », nom emprunté au film de d’Andreï Tarkovski, où un personnage, l’écrivain, tout en parlant confectionne une couronne de branches. Continuant son discours, il se la pose sur la tête : « ... je ne vous pardonnerai pas... » dit-il, avant de la retirer et de l’abandonner. Au commencement du dessin il y avait cette couronne, comme retrouvée, immense, tracée sur le papier, sur le mur, et puis elle a disparu. D’autres branches sont arrivées, le temps s’est installé, celui du dessin, 
l’enchevêtrement a continué et la nuit est venue.
Aussi tous les autres dessins, les quelques sculptures, autour dialoguerons avec le « Stalker », ils en seront le miroir, le reflet, le kaléidoscope, autant d’autres regards, des regards fixent, interrogateurs, scrutateurs, investigateurs. Tous seront nommés « Nature morte ».
Alors dans cette nuit que j’aimerais transfigurée, une lueur intense, la lune peut-être. 

Jean d’Eugène

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